Résumé
Une lettre d’accompagnement soigneusement rédigée peut renforcer une soumission à une revue universitaire ou scientifique en montrant immédiatement à un rédacteur pourquoi un manuscrit mérite un examen attentif. Même si toutes les revues n’en exigent pas une, une bonne lettre d’accompagnement présente l’article, identifie sa contribution principale, explique sa pertinence pour la revue et confirme les déclarations demandées par l’éditeur.
Les lettres d’accompagnement les plus efficaces sont concises, précises et adaptées à la revue ciblée. Elles ne se contentent pas de répéter le résumé ni de formuler des affirmations exagérées. Elles mettent plutôt en évidence ce qui est original dans la recherche, expliquent comment elle fait progresser les connaissances existantes et montrent que les auteurs comprennent les objectifs, le champ éditorial et le lectorat de la revue.
La présentation professionnelle est tout aussi importante. La lettre doit normalement mentionner le titre du manuscrit et le type d’article, s’adresser correctement au rédacteur, décrire l’importance des résultats, confirmer l’originalité et, lorsque cela est requis, l’exclusivité de la soumission, ainsi que signaler toute question éthique ou éditoriale pertinente. Les suggestions de rapporteurs ne doivent être fournies que sur demande et doivent exclure tout conflit d’intérêts.
Parce que la lettre d’accompagnement peut être le premier exemple de l’écriture d’un auteur auquel un rédacteur est confronté, la grammaire, l’orthographe, la ponctuation, le ton et la mise en forme doivent être irréprochables. Une lettre soignée ne peut pas compenser une recherche de faible qualité, mais elle peut aider un manuscrit solide à faire la meilleure première impression possible et inciter un rédacteur à examiner la soumission avec intérêt.
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Rédiger la lettre d’accompagnement parfaite lors de la soumission d’un article à une revue universitaire ou scientifique
Soumettre un article à une revue universitaire ou scientifique constitue souvent l’aboutissement de plusieurs mois, voire de plusieurs années, de recherche, d’analyse, de rédaction et de révisions. Lorsqu’un manuscrit est prêt à être transmis à un système de soumission en ligne, la plupart des auteurs ont consacré une attention considérable au titre, au résumé, aux méthodes, aux résultats, à la discussion, aux références, aux tableaux et aux figures. La lettre d’accompagnement est toutefois parfois traitée comme une formalité de dernière minute.
C’est une erreur. Une lettre d’accompagnement peut être brève, mais elle occupe une place stratégiquement importante dans le processus de soumission. Il s’agit souvent de l’un des premiers éléments qu’un rédacteur lit et elle offre donc l’occasion d’expliquer, de manière directe et professionnelle, pourquoi le manuscrit correspond à cette revue en particulier. Une lettre solide peut aider le rédacteur à situer le texte avant son examen détaillé, mettre en évidence des éléments qui pourraient autrement passer inaperçus et montrer que les auteurs ont préparé leur soumission avec soin.
Une lettre d’accompagnement ne peut pas transformer une recherche inadaptée en article publiable, pas plus qu’elle ne peut garantir l’évaluation par les pairs ou l’acceptation. En revanche, elle peut permettre de présenter efficacement un manuscrit solide. À l’inverse, une lettre faible, générique ou truffée d’erreurs peut donner une première impression inutilement mauvaise.
1. Commencez par consulter les instructions aux auteurs de la revue
Avant de rédiger quoi que ce soit, consultez les instructions aux auteurs et les directives de soumission de la revue. Certaines revues exigent une lettre d’accompagnement ; pour d’autres, elle est facultative. Certaines demandent aux auteurs d’inclure des déclarations particulières, tandis que d’autres recueillent ces informations séparément dans le système de soumission.
La revue peut vous demander de confirmer des éléments tels que :
- le manuscrit est original ;
- le travail n’est pas en cours d’évaluation dans une autre revue ;
- tous les auteurs ont approuvé la soumission ;
- l’approbation éthique appropriée a été obtenue ;
- le consentement éclairé a été obtenu lorsque cela était pertinent ;
- les conflits d’intérêts ont été déclarés ;
- le manuscrit a été préparé pour une évaluation anonyme lorsque cela est requis ;
- les articles connexes, prépublications ou présentations à des conférences ont été déclarés ; ou
- les recommandations appropriées en matière de présentation des résultats ont été suivies.
Si la revue demande que l’une de ces déclarations figure dans la lettre d’accompagnement, incluez-la exactement. Ne supposez pas que les informations saisies ailleurs dans le portail de soumission rendent automatiquement la lettre d’accompagnement superflue.
De même, si la revue indique explicitement qu’une lettre d’accompagnement n’est pas nécessaire, respectez cette consigne. La lettre vise à accompagner la soumission, et non à faire preuve d’initiative en ne tenant pas compte de la procédure privilégiée par l’éditeur.
2. Adressez-vous au bon rédacteur
Dans la mesure du possible, adressez la lettre d’accompagnement au rédacteur approprié en le nommant. Une formule d’appel telle que Dear Dr Smith ou Dear Professor Chen est plus professionnelle et personnelle que Dear Editor, à condition d’être certain que le nom et le titre sont exacts.
Le site web de la revue indique généralement le rédacteur en chef, le directeur de la rédaction ainsi que les rédacteurs de section ou rédacteurs associés. Si le manuscrit relève clairement d’une section particulière, vérifiez si les soumissions dans ce domaine sont habituellement traitées par un rédacteur nommé.
La précision est essentielle. Écorcher le nom du rédacteur en chef, utiliser un titre incorrect ou citer une personne qui ne travaille plus pour la revue crée exactement le type d’impression que la lettre d’accompagnement doit éviter. Si vous ne pouvez pas identifier avec certitude la personne appropriée, une formule d’appel neutre telle que Dear Editor est préférable à une supposition.
3. Commencez par indiquer exactement ce que vous soumettez
Le paragraphe d’ouverture doit clarifier immédiatement l’objectif de la lettre. Indiquez le titre complet du manuscrit, le type d’article et le nom de la revue. L’éditeur ne devrait pas avoir besoin de consulter les fichiers de soumission pour déterminer l’objet de la lettre.
Par exemple :
Nous avons le plaisir de soumettre notre article de recherche original, « Les effets de X sur Y dans les populations Z », pour examen en vue de sa publication dans le Journal Name.
Cette introduction simple établit efficacement l’objet de la soumission. La phrase ou le paragraphe suivant peut ensuite passer directement à la question de recherche, au principal résultat et à son importance.
Évitez les longues présentations personnelles. L’éditeur n’a pas besoin de connaître tout l’historique du lancement du projet de recherche, la durée de la collaboration entre les auteurs ni les raisons pour lesquelles la publication est importante en vue d’une prochaine promotion ou d’une échéance de diplôme. La lettre doit se concentrer sur le manuscrit et la revue.
4. Expliquez le problème central de la recherche
Un éditeur doit pouvoir comprendre le problème central abordé par le manuscrit après avoir lu seulement quelques phrases. Présentez brièvement le contexte de la recherche et identifiez la lacune, l’incertitude ou le problème non résolu qui a motivé l’étude.
Cette section doit être considérablement plus courte que l’introduction de l’article. Vous ne rédigez pas une mini-revue de la littérature. En général, une ou deux phrases suffisent pour expliquer ce qui n’est pas encore connu et pourquoi il est important de répondre à la question.
Par exemple, au lieu de dire :
Ce sujet a suscité un intérêt considérable au cours des vingt dernières années, de nombreux chercheurs ayant publié un grand nombre d’études examinant différents aspects du problème.
écrivez quelque chose de précis :
Bien que X ait été largement étudié chez les adultes, son effet sur Y chez les adolescents reste mal caractérisé, en particulier dans les populations issues de la communauté.
La deuxième version identifie immédiatement la lacune dans les connaissances et permet à l’éditeur de comprendre la contribution de l’étude.
5. Mettez en évidence ce qui est nouveau dans le manuscrit
L’originalité est l’une des principales préoccupations de la publication universitaire. Votre lettre d’accompagnement doit donc expliquer ce que l’article apporte et que les lecteurs ne peuvent pas déjà trouver dans la littérature existante.
La contribution peut notamment porter sur :
- un nouveau jeu de données ;
- une population n’ayant encore jamais fait l’objet d’une étude ;
- une méthode ou une approche analytique novatrice ;
- une nouvelle interprétation théorique ;
- la confirmation ou la remise en question d’un résultat antérieur influent ;
- une période de suivi plus longue que dans les études précédentes ;
- une implication pratique ou clinique importante ; ou
- une connexion interdisciplinaire qui modifie la compréhension du sujet.
La spécificité est bien plus convaincante qu’un langage promotionnel. Des affirmations telles que « Cet article révolutionnaire transformera le domaine » sont rarement persuasives, sauf si les éléments de preuve justifient réellement un langage aussi extraordinaire. Les rédacteurs en chef sont habitués à évaluer l’importance scientifique et sont susceptibles de mieux réagir à une formulation précise de la contribution.
Par exemple :
À notre connaissance, il s’agit de la première étude longitudinale à comparer X et Y dans trois systèmes nationaux de santé à l’aide de données harmonisées au niveau des patients.
Cela indique précisément au rédacteur en chef où réside la nouveauté, sans exagération.
6. Résumez les résultats les plus importants
Une lettre d’accompagnement devrait généralement mentionner les principaux résultats, mais elle ne doit pas reproduire le résumé. Sélectionnez le ou les deux résultats qui démontrent le mieux l’importance de l’article.
Si l’étude est quantitative, un résultat numérique concis peut être approprié lorsqu’il communique efficacement la contribution. Si elle est qualitative ou théorique, décrivez plutôt la conclusion interprétative centrale.
L’objectif est de répondre à une question que le rédacteur en chef est susceptible de se poser immédiatement : Qu’ont découvert les auteurs, et pourquoi cela devrait-il intéresser les lecteurs ?
Un modèle utile est le suivant :
Nous avons constaté que X était associé à Y dans les conditions Z, tandis qu’aucune relation comparable n’a été observée dans le groupe témoin. Ces résultats suggèrent que…
L’énoncé doit être exact et proportionné aux éléments de preuve. Évitez d’affirmer qu’une association observationnelle prouve un lien de causalité ou que des résultats préliminaires établissent un principe universel.
7. Expliquez pourquoi l’article correspond à cette revue en particulier
L’une des fonctions les plus importantes de la lettre d’accompagnement est de démontrer l’adéquation avec la revue. Un rédacteur en chef veut savoir pourquoi vous avez choisi cette revue plutôt que l’une des nombreuses autres publications du domaine.
Une explication utile pourrait faire référence à :
- les objectifs et le champ d’application déclarés de la revue ;
- son lectorat spécialisé ;
- les sujets qu’elle publie régulièrement ;
- des méthodes ou approches représentées dans des articles récents ;
- un débat actuel auquel la revue a contribué ; ou
- un numéro spécial ou une section thématique pertinente pour le manuscrit ;
C’est ici qu’un peu de recherche peut considérablement améliorer la lettre. Consultez les numéros récents et identifiez les types d’articles que la revue publie actuellement. Les intérêts éditoriaux pratiques d’une revue peuvent être plus restreints que ne le laisse penser la description générale de son site web.
Si cela est véritablement pertinent, vous pouvez mentionner des articles récents de la revue. Par exemple :
Notre étude prolonge la discussion récente de la revue sur X en examinant le même problème dans Y et en introduisant une comparaison longitudinale qui n’était pas disponible auparavant.
Ne forcez pas les références aux propres articles de la revue dans le seul but de flatter le rédacteur en chef. Le lien doit être intellectuellement pertinent.
8. Penser aux lecteurs de la revue
L’adéquation à la revue concerne en définitive son lectorat. Expliquez, explicitement ou implicitement, pourquoi les personnes qui lisent la revue sont susceptibles de trouver le manuscrit utile.
Une revue clinique peut s’intéresser principalement aux implications pour le diagnostic, le traitement ou la prise en charge des patients. Une revue méthodologique peut accorder plus de valeur à la nouvelle approche analytique qu’au résultat substantiel. Une revue de sciences humaines peut être particulièrement intéressée par la réinterprétation, dans le manuscrit, d’un texte, d’une archive ou d’un débat théorique bien connu.
Réfléchir aux lecteurs vous aide également à décider quels résultats mettre en avant. L’aspect de l’étude qui paraît le plus intéressant à l’auteur n’est pas toujours celui qui importera le plus pour le public de la revue.
9. Garder la lettre ciblée et concise
La plupart des lettres d’accompagnement n’ont pas besoin d’être longues. Sauf si une revue demande des informations détaillées, une page classique ou environ trois à cinq paragraphes concis suffisent généralement.
Une lettre plus longue peut devenir contre-productive. Les éditeurs disposent déjà du manuscrit, du résumé et des informations complémentaires. Ils n’ont pas besoin d’un autre document volumineux contenant les mêmes éléments.
Chaque paragraphe devrait donc avoir une fonction claire :
- identifier la soumission ;
- expliquer la problématique de recherche et la contribution ;
- résumer les principaux résultats ;
- démontrer l’adéquation à la revue ; et
- fournir les déclarations requises et une formule de clôture professionnelle.
Si une phrase n’aide pas l’éditeur à évaluer l’article ou à finaliser le processus de soumission, envisagez de la supprimer.
10. Ne vous contentez pas de copier le résumé
L’une des façons les plus simples de produire une lettre d’accompagnement peu convaincante consiste à copier-coller le résumé sous une formule de salutation. Le résumé et la lettre d’accompagnement ont des fonctions différentes.
Le résumé présente l’article aux lecteurs et aux systèmes d’indexation. La lettre d’accompagnement défend de manière sélective le manuscrit auprès de l’éditeur. Elle doit donc mettre davantage l’accent sur l’originalité, l’adéquation à la revue et la pertinence de la publication que ne le fait généralement le résumé.
Vous pouvez naturellement utiliser certaines des mêmes informations, mais reformulez-les pour le contexte éditorial. La lettre d’accompagnement doit ressembler à une correspondance professionnelle, et non à une section supplémentaire du manuscrit.
11. Inclure les déclarations de publication requises
De nombreuses revues s’attendent à ce que les auteurs fassent des déclarations officielles concernant l’originalité et le statut de publication. Les déclarations courantes comprennent la confirmation que :
- le manuscrit n’a jamais été publié auparavant ;
- le manuscrit n’est pas simultanément soumis à l’évaluation d’une autre revue ;
- tous les auteurs ont lu et approuvé la version soumise ;
- tous les auteurs acceptent la soumission à la revue indiquée ;
- les conflits d’intérêts pertinents ont été déclarés ; et
- les exigences éthiques ont été respectées.
Ne faites jamais automatiquement une déclaration si elle n’est pas vraie. Si une partie du contenu a été publiée ailleurs, expliquez les circonstances en toute transparence. Il peut s’agir notamment de résumés de conférences, de prépublications, de chapitres de thèse, de jeux de données antérieurs ou de rapports préliminaires.
La question essentielle est de savoir si la diffusion antérieure est incompatible avec la définition que donne la revue d’une publication antérieure. En cas de doute, consultez les politiques de la revue plutôt que d’essayer de dissimuler le lien.
12. Expliquez honnêtement les publications qui se chevauchent ou qui sont apparentées
Les manuscrits apparentés sont courants, en particulier lorsqu’un vaste projet de recherche donne lieu à plusieurs publications légitimes. Toutefois, les éditeurs doivent comprendre en quoi ces articles diffèrent.
Si un autre article utilise la même cohorte, le même jeu de données ou la même expérience, indiquez-le lorsque c’est pertinent et expliquez la distinction. Par exemple, un article peut porter sur les résultats cliniques, tandis qu’un autre se concentre sur l’analyse économique. Il se peut aussi qu’un article de conférence ait présenté des résultats préliminaires, alors que le manuscrit soumis contient un jeu de données considérablement enrichi et une nouvelle analyse.
La transparence permet à l’éditeur d’évaluer la relation. Dissimuler un chevauchement important peut créer des problèmes bien plus graves s’il est découvert pendant l’évaluation par les pairs ou après la publication.
13. Gérez soigneusement les suggestions d’évaluateurs
Certaines revues invitent les auteurs à proposer des évaluateurs potentiels ou l’exigent. D’autres demandent aux auteurs d’indiquer les chercheurs qui ne devraient pas évaluer le manuscrit. Suivez exactement les instructions de la revue.
Si des suggestions d’évaluateurs sont demandées, choisissez les personnes pour leurs mérites scientifiques. Les évaluateurs appropriés devraient normalement :
- doivent posséder une expertise pertinente dans le domaine ou la méthodologie ;
- doivent être capables d’évaluer le manuscrit de manière indépendante ;
- ne doivent avoir aucun conflit personnel ou professionnel étroit avec les auteurs ; et
- ne doivent pas être choisis simplement parce que les auteurs s’attendent à une évaluation favorable.
Les collaborateurs proches, coauteurs récents, directeurs de recherche, étudiants ou chercheurs de la même institution constituent généralement des choix inappropriés en raison de conflits d’intérêts potentiels.
Si la revue ne demande pas les noms d’évaluateurs, il n’est généralement pas nécessaire de les inclure dans la lettre d’accompagnement. Dans certains cas, toutefois, un article très spécialisé peut bénéficier d’une brève description de l’expertise requise pour une évaluation appropriée.
14. Soyez prudent lorsque vous demandez l’exclusion d’évaluateurs
Certains systèmes de soumission permettent aux auteurs d’indiquer les personnes qui ne devraient pas être invitées à évaluer un manuscrit. Les raisons légitimes peuvent inclure un conflit professionnel direct, une concurrence active portant sur des recherches confidentielles ou une relation personnelle qui rendrait une évaluation impartiale difficile.
Ne fournissez pas une longue liste dans le seul but d’empêcher les chercheurs critiques d’examiner votre travail. Lorsqu’une explication est nécessaire, restez factuel et professionnel. La décision finale concernant le choix des évaluateurs appartient à l’éditeur.
15. Mentionnez l’approbation éthique lorsqu’elle est pertinente
Les recherches impliquant des participants humains, des animaux, des données personnelles sensibles ou certaines formes d’intervention clinique nécessitent généralement une supervision éthique officielle. Le manuscrit lui-même doit contenir la déclaration détaillée exigée par la revue, mais une brève confirmation dans la lettre d’accompagnement peut également être appropriée ou explicitement demandée.
Cela peut inclure le nom du comité d’éthique, du comité d’examen institutionnel ou de l’organisme compétent ayant donné son approbation ainsi que, si nécessaire, un numéro d’approbation ou de protocole.
De même, si le consentement éclairé, l’enregistrement d’un essai clinique ou d’autres exigences formelles s’appliquent, veillez à ce que la lettre d’accompagnement soit cohérente avec les informations fournies ailleurs dans le dossier de soumission.
16. Déclarez de manière appropriée les conflits d’intérêts et les financements
Les relations financières, professionnelles et personnelles peuvent influencer — ou sembler influencer — l’interprétation des recherches. Les revues prennent donc au sérieux les déclarations de conflits d’intérêts.
Si le système de soumission comporte une section consacrée aux déclarations, utilisez-la. Si la revue demande également que les conflits soient mentionnés dans la lettre d’accompagnement, ajoutez une déclaration concise. Ne minimisez pas une relation pertinente simplement parce que vous estimez qu’elle n’a eu aucune influence sur l’étude.
Les informations relatives au financement doivent également être exactes et cohérentes dans la lettre d’accompagnement, le manuscrit et les formulaires de soumission. Si un organisme financeur a joué un rôle dans la conception de l’étude, l’analyse des données, la préparation du manuscrit ou la décision de soumettre l’article, indiquez-le lorsque cela est requis.
17. Évitez l’exagération et les éloges creux
Une lettre d’accompagnement doit inspirer confiance, mais celle-ci est d’autant plus convaincante qu’elle repose sur des éléments probants. Des affirmations telles que « Cet article extraordinaire convient parfaitement à votre revue de renommée mondiale » apportent rarement quoi que ce soit d’utile.
Montrez plutôt l’importance de l’étude au moyen d’éléments précis :
- la lacune à laquelle l’étude répond ;
- ce qui la distingue sur le plan méthodologique ;
- ce que l’étude a révélé ;
- qui bénéficiera des résultats ; et
- la manière dont le travail s’inscrit dans les centres d’intérêt actuels de la revue.
De même, évitez de faire l’éloge excessif de la revue elle-même. Il est tout à fait raisonnable d’indiquer que l’intérêt de la revue pour un domaine particulier en fait un lieu de publication approprié. Il n’est pas nécessaire de répéter à l’éditeur que la revue est prestigieuse, exceptionnelle ou votre premier choix de toujours.
18. Ne discutez pas de vos besoins personnels en matière de publication
Les auteurs sont parfois tentés d’expliquer qu’ils ont de toute urgence besoin d’une acceptation pour obtenir leur diplôme, une promotion, un financement ou un poste. Ces circonstances peuvent être importantes sur le plan personnel, mais elles ne déterminent ni la valeur scientifique ni l’adéquation du manuscrit.
La lettre d’accompagnement doit se concentrer sur la recherche. S’il existe une véritable raison procédurale justifiant l’urgence — par exemple, si l’article porte sur une évolution de santé publique sensible au facteur temps et que la revue propose une procédure d’évaluation accélérée — expliquez la raison scientifique plutôt qu’une pression personnelle.
19. Adoptez un ton professionnel et courtois
Le ton idéal est assuré, respectueux et concis. L’auteur doit exprimer son enthousiasme pour le travail sans paraître vantard, et faire preuve de respect envers l’éditeur sans devenir excessivement déférent.
Expressions utiles :
- Nous pensons que ce manuscrit intéressera particulièrement les lecteurs de…
- Nos résultats prolongent les travaux antérieurs en…
- L’étude comble une lacune importante concernant…
- Nous vous remercions de l’attention portée à notre manuscrit.
Évitez les formulations exigeantes telles que « Nous nous attendons à ce que le manuscrit soit accepté » ou « L’article mérite clairement d’être publié. » C’est à l’éditeur de procéder à cette évaluation.
20. Relisez la lettre d’accompagnement aussi soigneusement que le manuscrit
La lettre d’accompagnement est un exemple de la communication écrite des auteurs. Une lettre contenant des erreurs grammaticales, des fautes d’orthographe, des mots manquants ou des phrases confuses peut entamer la confiance avant même que le manuscrit ne soit ouvert.
Vérifiez attentivement :
- le titre exact de la revue ;
- le nom et le titre exacts de l’éditeur ;
- le titre exact du manuscrit ;
- informations cohérentes sur les auteurs ;
- grammaire et ponctuation ;
- fautes d’orthographe et erreurs typographiques ;
- phrases excessivement longues ;
- abréviations non définies ;
- affirmations non étayées ; et
- informations copiées accidentellement d’une soumission précédente.
Le dernier point mérite une attention particulière. Les auteurs qui utilisent une ancienne lettre d’accompagnement comme modèle oublient parfois de remplacer le nom de la revue, celui de l’éditeur ou le titre du manuscrit. Peu d’erreurs révèlent aussi clairement un manque d’adaptation que le fait de vanter les mérites d’une revue dans une lettre adressée à une autre.
21. Une structure pratique pour une lettre d’accompagnement destinée à une revue
Une lettre d’accompagnement concise peut souvent suivre cette structure :
- Formule d’appel : Adressez-vous à l’éditeur approprié.
- Déclaration de soumission : Indiquez le titre du manuscrit et le type d’article.
- Problématique de recherche : Identifiez la lacune ou la question centrale.
- Contribution et résultats : Expliquez ce qui est original et important.
- Adéquation avec la revue : Expliquez pourquoi l’article correspond à la revue et à son lectorat.
- Déclarations : Fournissez les déclarations requises par la revue concernant l’originalité, l’éthique, la contribution des auteurs ou les conflits d’intérêts.
- Conclusion : Remerciez l’éditeur d’avoir pris le manuscrit en considération.
Cette structure est flexible. Un article en sciences humaines peut nécessiter une insistance légèrement différente de celle d’un essai clinique, et une brève communication peut demander moins d’explications qu’un article de recherche majeur. Le principe consiste à inclure ce dont l’éditeur a réellement besoin tout en évitant les éléments superflus.
22. Exemple de lettre d’accompagnement pour une revue universitaire ou scientifique
Le modèle suivant peut être adapté aux spécificités de chaque manuscrit et aux exigences de la revue :
Madame, Monsieur le Dr [Editor's Surname],
Nous avons le plaisir de soumettre notre manuscrit, « [Full Manuscript Title] », en tant qu’article de recherche original pour examen par [Journal Name].
L’étude porte sur [brève description du problème ou de la lacune]. À l’aide de [brève description de la méthode ou du jeu de données], nous avons constaté que [résultat principal]. À notre connaissance, ce travail est le premier à [énoncé précis de l’originalité ou de la contribution]. Ces résultats sont importants parce que [brève explication de leur importance ou de leurs implications].
Nous pensons que le manuscrit convient particulièrement à [Journal Name] en raison de l’orientation de la revue vers [domaine spécifique, lectorat ou débat scientifique récent]. Nos résultats complètent les travaux récents sur [sujet pertinent] tout en élargissant les données disponibles grâce à [contribution spécifique]. Nous pensons que l’article intéressera les lecteurs travaillant dans [domaines pertinents].
Nous confirmons que ce manuscrit est original, n’a pas été publié ailleurs et n’est pas actuellement soumis à l’examen d’une autre revue. Tous les auteurs ont approuvé la version soumise et acceptent sa soumission à [Journal Name]. [Ajoutez les déclarations relatives à l’approbation éthique, aux conflits d’intérêts, au prépublication ou aux publications connexes, lorsque cela est requis.]
Nous vous remercions d’examiner notre manuscrit. Nous vous remercions du temps que vous lui consacrerez et attendons votre réponse avec intérêt.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.
[Corresponding Author's Name]
[Academic Position]
[Institution]
[Email Address]
Le modèle ne doit jamais être copié mécaniquement. Adaptez-le au type d’article, à la discipline et à la revue ciblée. Les lettres d’accompagnement les plus convaincantes sont clairement liées au manuscrit et à la publication concernés.
23. Erreurs courantes à éviter dans une lettre d’accompagnement
Avant de soumettre votre manuscrit, vérifiez que votre lettre ne présente aucun des problèmes courants suivants :
- Formulation générique : une lettre qui pourrait être envoyée sans modification à vingt revues ne démontre guère l’adéquation du manuscrit.
- Répéter le résumé : sélectionnez plutôt les points importants sur le plan éditorial.
- Exagérer l’importance : laissez les données démontrer l’importance du travail.
- Formuler des affirmations de priorité non étayées : utilisez avec prudence des expressions telles que « à notre connaissance », et uniquement après une revue appropriée de la littérature.
- Fournir des informations personnelles sans rapport : concentrez-vous sur le manuscrit.
- Omettre les déclarations demandées : suivez attentivement les instructions de la revue.
- Ignorer les publications connexes : la transparence est essentielle.
- Proposer des évaluateurs en situation de conflit d’intérêts : les recommandations d’évaluateurs doivent être éthiques.
- Écrire trop longuement : une lettre d’accompagnement n’est pas un deuxième article.
- Soumettre une lettre non corrigée : Les erreurs affaiblissent la première impression.
24. Pensez comme l’éditeur avant de soumettre votre manuscrit
Un dernier exercice utile consiste à relire la lettre du point de vue de l’éditeur. Imaginez recevoir des dizaines de nouveaux manuscrits en plus de vos responsabilités éditoriales habituelles. Après avoir lu votre lettre, sauriez-vous immédiatement :
- quel est le sujet de l’article ;
- ce qui est original dans ce travail ;
- pourquoi les résultats sont importants ;
- pourquoi il a sa place dans cette revue ;
- si la soumission satisfait aux exigences fondamentales de publication ; et
- pourquoi il pourrait être utile de l’envoyer à l’évaluation par les pairs ?
Si une réponse n’est pas claire, révisez la lettre. Une lettre d’accompagnement réussie réduit le travail de l’éditeur au lieu de l’alourdir. Elle présente les principaux atouts du manuscrit sous une forme concise, exacte et rédigée de manière professionnelle.
Conclusion
La lettre d’accompagnement qui accompagne un article universitaire ou scientifique ne fait peut-être qu’une page, mais elle a une mission importante à accomplir. Elle présente le manuscrit, précise sa contribution, montre qu’il correspond à la revue et rassure l’éditeur quant au fait que la soumission a été préparée de manière responsable et professionnelle.
Les meilleures lettres ne sont ni des argumentaires commerciaux élaborés ni des copies du résumé. Ce sont des arguments éditoriaux concis. Elles expliquent ce que l’étude a examiné, ce qu’elle a découvert, ce que le travail apporte de nouveau et pourquoi les lecteurs de la revue sont susceptibles de s’y intéresser.
La rédaction d’une telle lettre exige de se renseigner sur la revue, d’évaluer honnêtement le manuscrit et d’accorder une attention particulière au ton employé. Elle exige également une correction méticuleuse. La lettre d’accompagnement est peut-être le premier texte rédigé par l’auteur qu’un éditeur lit ; chaque phrase doit donc renforcer l’impression que le manuscrit lui-même sera clair, exact et présenté de manière professionnelle.
Une lettre d’accompagnement ne peut pas garantir la publication, mais une lettre solide permet à votre manuscrit d’entamer son parcours éditorial avec la meilleure introduction possible.
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